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Ma chère Adéle

Ma chère Adèle,



Voilà longtemps que je ne t’ai écrit, (dix longs jours, déjà !) et j’espère de tout mon cœur que tu me pardonneras ce qu’il ne faut pas juger comme un oubli, ou un abandon, mais plutôt comme une sorte de paralysie face à la page, une impossibilité de mettre en forme ce qu’il vient de m’arriver. Laisse moi aussi formuler un autre espoir, celui que tu ne condamneras pas trop vite ton amie de longue date de se confier comme je m’apprête à le faire, que le souvenir de certaines complicités t’inclinera à la clémence, à l’indulgence que tu m’as, jusqu’alors, toujours témoignées.

Tu sais que mes jours actuels sont tout entiers pris dans la tourmente de mon emménagement ici, et je t’ai dit combien les choses à faire ne manquent pas, combien le temps me semble compté. C’est qu’il me faut, à moi presque seule, remettre en route cette grande demeure afin que notre petite bande prennent ses quartiers d’été, le tirage au sort m’ayant désignée cette année comme hôtesse. Et si l’idée de vous avoir, chez moi, et de vous combler m’emplit d’aise et m’enivre, je veux le faire avec cette perfection invisible pour laquelle tu as montré tant de dispositions l’été dernier. J’y vois comme une sorte de compétition, non que je veuille te surpasser, mais plutôt que je me sente contrainte d’être digne de ta qualité et de celle de nos hôtes.
Tu le sais, le manoir est vaste, le parc ne l’est pas moins et je veux que chaque détail nous amène à cette déliquescente paresse qui nous aidera à surpasser les grosses chaleurs de juillet, les souffles chauds du mois d’Août. Je le veux sans que rien ne se voit, car l’on ne s’abandonne pas dans les bras guindés des notaires, tandis qu’on choisira sans craintes le creux voluptueux des courtisanes. Beaucoup à faire, donc, y compris d’adopter cette maison que je connais encore bien mal : longs couloirs tortueux, successions de pièces et de salons, et toutes ces chambres ! Nulle n’est pareille à l’autre, toutes rivalisent de recoins, de replis, de cachettes, et il est bien malaisé de s’y retrouver ! Toutes ces portes ! Toutes ces fenêtres ! Autant d’entrées, de passe-plats, de passages secrets qui peut-être sont là, attendant qu’on actionne leur mécanique, autant de bois craquants, gémissants, de planchers et plafonds qui chantent, se plaignent, muent, font de ce lieu comme un organe vivant qui se transforme et qui encore m’échappe … Je pourrais m’y sentir bien seule s’il n’y avait pas la présence (un peu) rassurante de mes deux femmes de chambre, et du jardinier, et que je n’avais pas tant de choses à faire !

Mais cette lettre que je commence comme une plainte harassée n’a pas pour objet de me faire passer pour courageuse, ou d’obtenir ta compassion, tu sais aussi avec quelle ardeur et quel plaisir j’ai accepté mon rôle, combien je me réjouis de nous livrer à nos prochaines et douces audiences. Non, je souhaite plutôt te questionner sur les essais que tu aurait pu faire de cette plante que F.. a ramenée du Bengale, plus précisément des vallées du Pendjab. As-tu pu juger des ses capacités relaxantes, de son aptitude à te conduire à la paisible attente du sommeil ? Aurais-tu remarqué quelques effets secondaires, quelqu’incidence que tu n’aurais pas prévus ? Car il me faut te dire que j’ai été plus que troublée par mes premières prises…
Je ne remets pourtant pas en cause les compétences de notre ami chimiste, ni son sérieux à conduire au mieux sa recherche de la molécule miracle, et quand nous lui avions demandé conjointement de nous faire profiter de ses connaissances pour abonnir notre repos, j’ai bien vu qu’il accordait la plus grande attention à satisfaire notre requête. Peut-être les populations indigènes l’utilisant ont-elles une constitution plus robuste que nous autres, pâles européennes, mais il me faut te conter ma première expérience, et peut-être te mettre en garde…
C’est donc avant-hier (j’aurais bien été incapable de te narrer la suite le lendemain même de cette première approche) que je me suis conformée la première fois à la posologie que F.. avait rédigée à même le papier de soie enveloppant son végétal envoi. J’ai donc commencé par faire piler les graines dans une timbale d’argent, et à les faire mêler à de l’argile qu’on trouve ici partout. Ma préparation finie, je demandais à Mélanie de l’ajouter pour moitié au bain qu’elle me faisait couler, que je prends tous les matins, rituel nécessaire à lancer ma journée. L’autre moitié a servi à la fabrication d’un cataplasme à porter en collerette, comme tu as pu le lire toi-même dans la notice jointe. Je demandais donc à Mélanie de me l’appliquer sur la nuque, le haut des épaules et la gorge par rotations lentes, en amples massages afin que pénètre l’onguent, et je ressentais cette dolence qui m’envahit chaque fois que j’ai l’occasion de m’abandonner à ses bienveillantes manœuvres. Délassée, les courbatures de la nuit envolées, répandant autour de moi les effluves de myrte et d’ambre dont le produit se charge, j’ai attendu les trente minutes indiquées, scrupuleusement, avant de demander à ma chère bonne qu’elle me rince copieusement et nettoie les traces éventuelles qu’aurait pu laisser l’odorant remède.
C’est pleine d’énergie que j’ai alors entrepris une petite révision des massifs d’églantiers et de sarments-rosier que j’ai fait venir de Chine et d’Iran au début du printemps. Je profitais d’ailleurs de ma présence au parc pour demander à Manuel de finir la mise en terre d’une espèce très spéciale que tu sauras me jalouser à ta venue. Imagine plutôt un arbuste au tronc fort, assez trapu, et dont les branches courtes portent d’énormes éventails floraux aux couleurs tantôt vermillon, tantôt franchement pourpres. Imagine aussi qu’il n’y a rien dans cette solide espèce qui n’ait l’air fragile, ni ténu, que cela s’offre avec franchise, que cela éclate et s’impose à la vue avec f***e et jeunesse. Je conseillais donc à Manuel à ne pas trop s’embarrasser de convenances ni de précautions, et de creuser de profonds sillons dans lesquels enfouir vigoureusement ma dernière trouvaille Turkestanaise. Tâche de laquelle il s’acquittât sans trop de mal d’ailleurs, rappelle-toi ses bras robustes, ses mains aux paumes larges, chacune comme les deux miennes, ses épaules nouées de muscles pour te rendre compte du combat auquel les deux protagonistes de proportions naturellement comparables se livrèrent : l’homme confronté la nature, l’issue indécise, irrésolue…. A le voir fendre entre trois doigts des mottes de la taille d’une pomme, à le voir se saisir des plants pour précipiter leurs racines dans leur ornière, à voir sa vigueur à se servir de son outil afin de tasser le sol autour du malheureux vaincu, l’on eut dit Némo contre la pieuvre, ou plutôt Clisthène en train de mettre la Perse entière à ses genoux de vainqueur.
Quand à moi, j’essayais de ne pas trop me laisser distraire par cet hellénique baroud, et plutôt de me concentrer sur mes gestes de taille. Ces fiers rosiers sont si vivaces qu’il me fallait agir avec une douceur contrastant fort avec les gestes des belligérants voisins, ce qui ne m’empêcha pas d’à plusieurs fois voir perler sur le dos de mes mains de petites gouttes de sang qu’il me fallait lécher pour ne pas les voir souiller mes manches. Nous nous adonnions donc à nos travaux avec ferveur, et je peux te dire que le soleil forcissant de 11 heures ne nous a pas laissé de répit ! Manuel m’avait demandé l’autorisation de ne pas garder sa chemise, ce qu’humaine je lui accordai, même si la vision de son dos trop large, presque bestial, ne convient pas à ma nature plus raffinée. Je finis par moi-même délacer un peu mon corsage car je me sentais perdre peu à peu mes réserves d’eau, et réduire ainsi à néant les efforts consacrés à ma toilette matinale. Je sais déjà que tu me juges mal, belle Adèle, que tu m’aurais interdit cette ingénuité, réprimandé pour ma désinvolture, mais que veux-tu ! Je t’assure que la chaleur préfaçait déjà le brusque changement de temps auquel nous allions avoir droit un peu plus tard, que cette moiteur d’épiderme était peu propice à mon confort, qu’il m’aurait fallu rentrer à l’ombre et prendre encore un peu plus de retard dans mes préparatifs, certes, mais que je ne pouvais m’y résoudre tant l‘échéance me paraît chaque jour plus proche. J’ai bien surpris le regard assombri de Manuel, quand à la dérobée il tentait de me voler quelques détails concernant l’épiderme, le décolleté, peut-être même la naissance de mes seins, mais je ne peux l’empêcher d’être bien seul en tant qu’homme, et je crois savoir qu’il n’oserait rien tenter dans ma direction. Après tout, nos mondes n’ont rien de comparables, et il ne pourrait gagner dans l’aventure qu’une condamnation sans recours possible.

Je m’arrêtais à l’aplomb de midi, fière de l’avancement des travaux, et décidée à ne pas pousser l’imprudence jusqu’à l’insolation. Je déjeunais alors de bon cœur, Solange m’ayant préparé une de ces magnifiques salades, tirant ainsi parti au mieux du potager, et je repris plusieurs fois d’un reste de volaille rapporté du marché et qui faisait mon régal. J’adjoignis à ma collation une tisane faite de l’infusion de la fameuse plante, ainsi que F.. l’a consigné sur l’emballage, et décidais de m’octroyer une douche fraîche, ainsi qu’une demi-heure de sieste avant de reprendre l’ouvrage. Je peux te dire que cette halte dans ma chambre maintenue à l’ombre fut un moment à nul autre pareil ! Une fois lavée, dénudée, glissée dans ma couche aux draps épais, ma peau caressée, frôlée par l’étoffe un peu rêche, je m’assoupis bien vite, sur la musique des grillons et des cigales qui déjà donnent l’aubade. Je me réveillais plus tard que prévu tant mon sommeil fut lascivement profond, tandis que ma main prodiguait le parfum d’un apaisement tout particulier que j’avais dû bonder aux moments les plus sourds de mon repos. C’est donc pleine d’attrition liquide que je me rhabillais en toute hâte pour ne pas voir s’échapper totalement la journée, quand je m’avisais qu’on n’entendais plus ni insectes, ni vie au dehors. Ouvrir mes volets me renseigna vite sur la raison de ce silence, quand je vis que le ciel tout à l’heure d’un bleu transparent s’était chargé d’eau en attente, et d’orages à prévoir. D’ailleurs, le vent se levait, déjà, apportant dans ses bras chargés de noirceur un parfum de tumulte à nos portes frappant.
« Qu’à cela ne tienne ! » me dis-je, puisqu’à défaut de m’avancer au jardin, j’avais la possibilité de remettre la bibliothèque en ordre, un autre de mes projets de la semaine.
Je m’y rendis donc, allumant tout ce que j’ai pu de chandeliers et de bougies (déjà la pénombre gagnait la pièce !) fit mander un escabeau d’inventaire par Manuel (l’homme à tout faire, me diras-tu ?), et ne l’entendis pas même sortir de la pièce, tant ce travail de classement m’absorbais déjà. Il y a là de si vieux grimoires qu’on ne les manipule qu’avec une infinie sollicitude, ayant l’impression de commettre un sacrilège à chaque fois qu’on les ouvre, d’entrer en un sanctuaire, de piller une pieuse chapelle ou un tombeau scellé. Et puis, le nombre, et puis la multitude ! Sept générations d’explorateurs, de savants, d’ecclésiastes ont rempli les rayonnages ici jusqu’à ras bord, plus sûrement que n’auraient pu le faire une famille d’imprimeurs. J’avais quelques plaisirs, d’ailleurs, à violer l’autel qui m’était tout simplement interdit petite, à humer les cuirs gras des reliures, à faire s’envoler la poussière qui forcément s’accumule, et je n’ai pas tout de suite prêté attention à cette tension qui lentement m’envahissait. J’eu, à la suite d’une série de descentes et de montées de mon escabeau un petit éblouissement que j’attribuais au reflux du sang que l’on a parfois à la suite d’un effort excessif, et qui m’a décidée, quand même, à faire une courte pause. Mais ce début de malaise ne passa pas une fois assise, et je sentais au contraire une forme de picotement qui irritait légèrement mon épiderme, comme une multitude de petits pincements, d’agacements… Peut-être avais-je trop travaillé déjà ? Peut-être en avais-je assez fait pour la journée ? J’en étais là de mes questionnements quand, avec une soudaineté d’une rare v******e, une des grandes fenêtres de la bibliothèque claqua contre le mur, faisant un bruit tel qu’on eut cru à une semonce de canon. Je me précipitais pour aller la refermer, mesure d’urgence à cause du vent qui s’engouffrait furieusement, trop tard malheureusement ! L’éther furibond ne m’avait pas attendu pour commencer son œuvre de destruction, et je fus dans l’obligation d’arrêter ma course pour ratt****r un chandelier en train de s’effondrer. Je n’imagine pas ce qui serait advenu si je n’y étais pas parvenu, je ne veux pas savoir combien les tapis ici sont inflammables ! Et ce bois, ce papier ! Il s’en fallut de peu, mais j’eu gain de causes, même si la cire brûlante des cierges que j’empoignais à pleines mains y laissèrent de douloureuses et cuisantes empreintes. Sitôt fait, je repris ma course vers les battants rendus fous par le vent, et j’arrivais avec grande peine à les faire se rejoindre, à les clore. Las ! L’orage contenu à l’extérieur se déchaînait maintenant avec une épouvantable virulence sur la propriété, semblant prendre plaisir à rendre exsangue le jardinage d’avant déjeuner, à ruiner tous nos efforts. Pire encore ! Le souffle, dans le répit laissé par ma maladresse avait réussi à moucher toutes les mèches de la pièce, et je trébuchais maintenant misérablement, plongée dans un noir de seiche, pour tenter de gagner une position plus sûre. Fut-ce un guéridon ? L’angle d’un canapé ? Je ne saurais jamais quel fut l’agent de ma chute, toujours est-il que mon dernier pas me précipita au sol, ou je m’étalais de tout mon long, constatant par la même que les picotements de tout à l’heure s’étaient peu à pas transformés en une sensation de brûlure autrement plus insidieuse. Imagines-tu seulement, mon Adèle, le déchaînement dont j’étais la victime ? Cette tempête qui faisait trembler les flancs de la maison, jusqu’à ses soubassements les mieux enfouis ? Cette obscurité qui me laisse complètement désorientée ? Cet abattement physique, résultat combiné de ma frayeur, de ma dégringolade, peut-être d’une erreur de dosage de ma drogue (après tout, Mélanie dans sa ignorance de fille, n’est pas apothicaire) ?
Qu’étais-je en train de payer, d’expier, pour qu’ainsi le ciel s’abatte littéralement sur ma tête ?
Est-ce qu’un dieu quelconque avait pris ombrage de mon plaisir de tout à l’heure (je m’en estimais innocente, puisque je dormais ! ) ? Avais-je été trop aguicheuse, était-il bien chrétien d’avoir ainsi tendu le voile de ma robe, tout à l’heure au jardin, exposant ma croupe, ma poitrine plus qu’offerte, au jardinier ? Ou bien était-ce les voluptés du bain de ce matin, les mains de Mélanie, cette pommade trop douce ?
Comme ma punition, visiblement ne suffisait pas, je fut mise alors à l’épreuve de façon bien plus cruelle. Je tentais de reprendre mon souffle, à peine relevée, me tenant des deux mains à un bureau ministre de chêne qui avait vu tant d’officiers et de savants se recueillir, pour lequel j’avais opté à tâtons, aveugle, comme engourdie, quand je sentis autour de ma poitrine un bras puissant, sans pitié aucune, se refermer et m’étreindre. Mon cœur fit un bond, unique, après quoi il me semble qu’il s’arrêtât de battre, tandis que je cherchais dans ma terreur un filet d’air auquel me raccrocher. Il n’était plus question de hurler, quand bien même l’aurais-je voulu que cela m’aurait été strictement impossible… La prise autour de moi se referma encore, et je me sentis poussée en avant, courbée sur le bureau, plaquée avec f***e contre le bois par une masse bouillante, sans aucune chances de me débattre, le ventre d’une invisible créature se plaquant à moi, ses jambes aux miennes, une deuxième main déjà partie fouiller à l’avant de mes cuisses. Je ne voyais rien, ne pouvais respirer qu’un air surchargé d’électricité, et n’entendais qu’un souffle rauque, comme un râle de bête arrivée au point d’eau, et dont la soif ne ferait que grandir à mesure que sa quête touche au but. Le bras qui enserrait le haut de mon corps avait fait se déchirer totalement ma robe et je sentais des doigts pressés, inquiets, commencer à faire rouler mes seins, à parcourir mon cou, ma gorge, descendant ensuite jusqu’au ventre et remontant ensuite cueillir mes deux seins comme autant de fruits mûrs. L’autre main avait fait son chemin, remontée jusqu’à l’aine en dessous de mes jupons, m’avait débarrassée des dentelles de ma culotte pour faire des allers et retour de l’intérieur de mes cuisses jusqu’au secret de mon ventre.
Je t’ai dit, en préambule de cette lettre, ma crainte que tu ne me condamnes, Adèle, et tu vas maintenant comprendre pourquoi. Tandis que les gestes de mon agresseur se faisaient plus précis, plus appuyés, directs, je sentais ma résistance diminuer, et mon corps que je ne contrôlais plus (de tout façon, il ne m’appartenait plus, investit par quelqu’un d’autre de plus fort) s’ouvrir lentement à ces caresses forcées… Au début, ce ne furent qu’une sorte de faiblesse, des tremblements qui rendaient difficile la moindre lutte, puis, petit à petit, ce fut ce sentiment de brûlure qui sourdait tout à l ‘heure, sur l’escabeau, qui m’envahit, faisant de moi une sorte de glaise tiède, prête à être modelée. Il y avait aussi, comme une ivresse que m’a donnée la première bouffée d’air que je pus reprendre, ce corps chaud, puissant, plein de volonté, de désirs, prêt à tout prendre, à tout saisir… En bref, je sentais que m’avait abandonnée ma volonté, que j’étais devenue le jouet de cette f***e invisible, et qui ne disait rien d’humain…
C’est alors que je sentis le corps qui depuis tout à l’heure pesait contre le mien se décoller un peu, tandis que les mains finissaient de relever les étoffes dont j’enserrais mes jambes. Me voilà fesses nues, Adèle, ouverte, offerte, bradée à quelqu’un ou quelque chose dont j’ignore tout, que je ne vois pas, et qui, lui, peut prendre toute la mesure de ce que j’ai de plus intime. Un doigt, puis deux parcourent lentement mon entre-jambe, d’avant en arrière, d’arrière en avant, prenant tout leur temps, explorant sans hâte plis et creux, me faisant trembler de la tête aux pieds. Tout est brûlant maintenant, tout est fournaise, ces mains, cette peau, la mienne, mon anus et mon sexe, même l’oxygène que j’aspire à grand peine, tout est liquide, tout n’est plus qu’eau chaude, geyser, lave en fusion, mes lèvres sont gonflées, tendues à l’extrême, le sexe avec lequel je te laissais jouer quand nous étions plus jeunes (te souviens-tu de nos baignades ? de nos nuits curieuses ?) est devenu le centre de ces vagues de feu qui m’envahissent, tout part de là, remonte, brûle tout sur son passage, font exploser mon ventre, mes seins, mon souffle, ma bouche, ma tête qui abrite maintenant les brasiers de l’enfer auxquels je suis promise, la cause de mon plaisir, de ma déchéance, de ma convoitise et de ma honte…
Et cela dure, dure, l’autre prend son temps, prenant plaisir à me constater dans ma déchéance, dans cette décadence qui m’entraîne, tarde à faire venir une délivrance qui sera maintenant ma seule issue. Mais voilà que je sens ce que je sais depuis le début. Je suis maintenant complètement collée au bureau, en nage, à moitié vêtue de lambeaux et de hardes, les jambes ouvertes, offrant à qui voudra le prendre tout l’intérieur de moi…Et je sens en un coup, qu’y entre une colonne incendiaire, un bélier propre à faire tomber mes dernières défenses, que ça progresse par cran, s’assurant un peu plus à chaque fois ma soumission, mes prières, un peu plus loin, un peu plus profond, un peu plus dur, plus loin encore, plus loin…. C’est énorme, et ça me visse, ça me transperce, c’est solide comme un arbre, ça y est, cela n’ignore plus rien de moi… C’est un pilier de chair, qui me cloue, un pilori. Les mains, épaisses et fortes m’ont maintenant saisie par la taille, et ce n’est plus cette queue qui se déplace en moi, mais moi, toute entière, qui glisse autour d’elle, cherchant toujours d’avantage à l’engloutir, à me l’approprier. Curieux mélanges de sensations puisque c’est bien moi qui suis prise, et bien prise ! Comme une proie, impuissante ! Comme un félin, au filet ! Tout mon corps est secoué de spasmes, ma respiration raccourcie, et je coulisse, plus vite, plus loin, il faut maintenant que l’ouvrage commencé soit mené à son terme ! Cela butte au fond de moi, cela me ferait sûrement mal si je n’étais pas devenue folle, si j’étais moins mouillée, si ce sexe monstrueux n’était pas si plein d’assurance. Je sens mes seins meurtris par leur frottement sur le bureau, je me sens baisée comme jamais je ne l’ai été, cent fois mieux encore que lors de ces petites réunions que nous organisions, toi et moi, avec quelques garçons de ferme. Mon ignorance de l’autre, la puissance bestiale avec laquelle il se joue de moi, me maîtrise, et me domine, la taille démesurée de ses mains, de ses bras, de sa queue font de moi une marionnette pantelante, que chaque avancée en moi désarticule davantage. Le plaisir est si fort, si intense, ça grimpe encore, ça grimpe et va plus vite, ça y est, plus rien ne peut retenir la déferlante, et je ne sais pas si l’éclair qui zèbre à ce moment la pièce n’est pas à l’intérieur de moi, projeté par mes yeux, par mes cris ou ma bouche, par mes poumons exaspérés, par mon sexe affolé. Je suis maintenant emplie d’un miel chaud, de la cannelle, un liquide poivré qui englue mon utérus, mon vagin, ma langue aussi, chaque plis de ma peau, je suis inondée de moi-même, dégoulinante de sperme, de mon propre plaisir, je m’évanouis alors.
A mon réveil, il est déjà trois heures de l’après midi, et j’ai dormi bien plus qu’une demi-heure ! Le soleil au dehors est encore trop menaçant pour que je reprenne immédiatement la taille de mes rosiers. Je décide alors de m’accorder une demi-heure de plus, et sonne Solange, qu’elle me prépare à nouveau une tisane… Ainsi, je ferai sûrement une nuit plus amusante !

Je t’embrasse mon Adèle, et attend ta lettre avec toute l’impatience des jeunes filles.



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