Tranche de vie

Souvenirs de mon annee scolaire de seconde, 1971/72
Jeune fille, j’ai connu mes premiers emois avec S.
Je me rappelle c’etait un samedi apres-midi, je connais le date par coeur
Nous etions chez moi, enfermees dans ma chambre, toutes les deux a mon bureau, en train de potasser une lecon d’histoire
Ma mere dans la salle a manger faisait du repassage
En fin d’apres midi, nous fimes une pause et de retour dans ma chambre apres nous etre preparees un café, nous discutions en sirotant notre boisson brulante
Comment nous en vimes a parler de garcons, je ne sais plus
Nous les passions en revue, ceux du lycee, les autres, ceux de notre entourage
Tous ceux dont nous avions surpris ne pas porter qu’un simple regard sur nos petites personnes hi hi!
Toutes les deux, cela nous exitait gentiment
Nous discutions de nos preferences
Nous n’etions jamais “sorties” avec un garcon et, ma foi, si un de ceux la faisait un premier pas, ce ne serait pas pour nous deplaire
En ecrivant cela, je souris de notre candeur
Car la question qui nous obsedait a cette epoque, etait la suivante:
-Et quand le premier viendrait a nous embrasser, comment fallait-il faire, est-ce que nous saurions faire
Nous nous interrogions en pouffant de rire
Je ne sais pas comment nous est venue cette idee saugrenue, apres tout, d’essayer de nous embrasser
Copines de college, puis de lycee, nous etions des amies intimes depuis trois ans, assez fusionnelles meme.
Plusieurs fois deja en WE l’une chez l’autre, nous avions dormi dans le meme lit
Nous n’avions aucun secret l’une pour l’autre
-Et si on essayait, toutes les deux! ca c’etait S., toujours a lancer des trucs fous
-tu crois que...Ca me gene un peu, ca c’etait moi, toujours un peu coincee en apparence mais deja a moitie conquise
-moi aussi… mais toutes les deux, je me dis qu’on pourrait essayer, tu crois pas?
-comment on fait, fis-je timidement pragmatique
-on ferme les yeux et on avance nos bouches
Assises cote a cote sur nos chaises a mon bureau, timidement mais decidees, nous nous lancames dans l’aventure
-allez, en meme temps dis S. toute emoustillee
Toutes excitees, en avancant nos bouches l’une vers l’autre, nos bouts de nez se toucherent, et ce premier contact nous fit pouffer de rire.
-on recommence, sans rire, dit S.
- ca chatouille, expliquais je en riant
-allez viens… d’abord des petits bisous
Epaule contre epaule, les mains bien posees sur nos genoux, en fermant les yeux, nous repartimes, et enfin en tatonnant, nos bouches se rencontrerent un peu effarouchees et se firent des petites bises, et puis naturellement des petits bisous plein plus appuyes aussi
C’etait nouveau comme sensation, tres doux, et formidablement excitant
Waouh!
Fou rire
Le premier pas etait franchi… mais nous le sentions bien, nous n’avions echanger que des bisous, il fallait aller plus loin,
-avec la langue, maintenant, nous encouragea S.
Nos bouches decidees avec un soupcon d’ivresse s’ouvrirent un peu … et, les yeux fermes, comme hypnothisees, nos langues se tendirent a la rencontre l’une de l’autre et vinrent s’efleurer
Je peux vous dire qu’entre nous deux, c’etait assez magique
Apprivoisees par ce premier contact, bouches ouvertes, nous nous mimes a nous caresser nos langues. Des petits soupirs timides de surprise s’echapperent de nos gorges, nous appellant a d’autres contacts encore plus intimes
Comme electrisees par ces tendres appels, nos bouches entre ouvertes se colerent et se scellerent. Dans leur petit nid intime ainsi confectionne, nos deux langues, enfin seules se mirent a rouler l’une contre l’autre, langoureusement conquises
C’etait si doux, si terriblement humide et si deconcertant… nous avions l’impression de nous donner l’une a l’autre
Quelle communion, nous nous penetrions l’une apres l’autre de nos langues avec delice, tantot offerte tantot dominante, decidees a nous donner toute entiere l’une a l’autre
les sens exacerbes par l’intensite de cette decouverte consentie, faisaient s’echapper de nos poitrines des petites plaintes de plaisir pleines de sensualite
Le souvenir de se baiser, le premier des premiers, tellement je m’en souviens, me transporte encore aujourd’hui
Nous nous separames comme fourbues par l’emotion de cette premiere experience
Rouge comme des pivoines brulantes, nous ouvrimes les yeux, et n’osant a peine nous regarder, genes par ce que nous avions fait toutes les deux, nous reprimes nos esprits essouflees
L’une comme l’autre, jamais, nous n’avions connu relation aussi forte
Elle posa sa main doucement sur ma joue et les yeux plantes dans les miens elle me chuchota
-Eh ben dis-donc, je ne pourrai jamais plus te faire la bise sans avoir envie de t’embrasser toi!
Bougeant mes fesses de ma chaise, pour me rapprocher d’elle, je glissai ma main vers son dos, et l’attirai tendrement contre moi. J’enfouissais mon visage dans son cou. Relevant le visage, a son oreille je lui confiais fievreuse
-Tais-toi… ta bouche si chaude sur mes levres… le parfum de ta salive… m’inonde le corps!
Ca m’etait sorti comme ca et j’avais subitement encore envie d’elle, et elle aussi
Nos bouches se chercherent et se recollerent, avides et gourmandes, dans un autre baiser, completement amoureux celui-la
En nous relachant, elle constata la premiere toute serieuse, en me souriant avec une tendresse profonde
-Ca fait comme si tu etais mon premier amour
-On est en train de devenir des vraies gouines, ne pus-je m’empecher de lui faire remarquer en pouffant de rire sans bruit dans son cou pour me cacher de ses yeux, genee de realiser que, amoureuse moi aussi, elle me remplissait a un point que je ne pouvais plus me detacher d’elle
Elle se leva et me pris la main
-Viens… encore une fois… tout contre moi
Nos bras nous enroulerent, et nous ecraserent l’une contre l’autre.
Enlacees ce fut encore autre chose
Ma petite chambre de jeune fille, temoin de notre etreinte secrete, ne tarda pas a se remplir de plaintes etouffees de plaisir que nous arrachaient nos bouches et nos corps emportes a se devorer
Il fallut s’arreter, cette formidable etreinte nous enmenait tout pres d’une chose qu’ebahies nous devinions, mais qui nous effrayait tant nous nous sentions proche de franchir un interdit Nous etions comme toutes penaudes d’avoir fait une grosse betise

Nous avions seize ans, nous etions de gentilles petites jeunes filles et il nous etait encore interdit de s’adonner a la jouissance, sous peine de devenir de vraies depravees… pour ne pas dire autre chose. Et en plus entre filles… Qu’est ce que nous avions fait?
Nous nous etions rassises a nos chaises etourdies, ebouriffees et nous regardions abasourdies nos feuilles de cours d’histoire etalees, derisoires, sur mon bureau. Nous realisions combien nous etions passees tout proche de l’enfer
Lorsque nos yeux se retrouverent, passablement bousculees par les emotions contradictoires qui nous attaquaient de toutes parts, le sentiment d’avoir franchit l’infranchissable me fit baisser la tete et monter les larmes aux yeux
S. affolee en me regardant par en dessous perdit pied
-Qu’est-ce que tu as?
Et tout de suite comme sorti du coeur, elle me souffla ce qui allait nous faire rire longtemps entre nous
-tu ne vas pas me laisser tomber, hein?
Oh non, mais j’etais completement perdue. Inutile de vous dire qu’a l’epoque je ne m’etais jamais imaginee, petite jeune fille de la campage que j’etais, que je decouvrirai l’amour avec une fille. En plus ce genre de relation pour moi etait completement taboue, vous vous imaginez bien
Certes entre filles, nous ne risquions pas de tomber enceintes, mais pour moi une fille devait aller avec un garcon
Et je decouvrai que ce n’etais pas f***ement vrai…
S. s’etais un peu retournee et pleurait sans bruit
-Ne pleure pas, lui dis-je
Et dans le secret de ma chambrette, je pris la premiere grande decision de ma vie, si tant est que l’on puisse en prendre a seize ans
-je ne te quitterai jamais!...
Cette declaration abrupte me fait sourire aujourd’hui, parce que je ne savais pas que je rencontrerai plus tard celui qui me ferait definitivement virer de bord, comme une evidence d’ailleurs…
Mais me croirez vous si je vous disait que cette experience brulante allait m’unir a S. d’un amour plus fort que nous, plus fort que tout?
De fait dans le plus grand secret, et pendant longtemps, pas a pas d’abord, et puis avec avidite, nous avons, en consommant notre passion, appris ce que voulait dire “aimer” … et moi appris, a m’aimer comme j’etais!

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Posted by vero774
1 year ago    Views: 3,154
Comments (2)
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1 year ago
bonjour, très belle et douce histoire comme je les aime. que de beaux souvenirs ont resurgi! Merci pour ce bout de "madeleine de Proust". Laure
1 year ago
bravo , c est plein d émotions !!quant a votre description ,elle est très négative au vu de vos photos très alléchantes !!!