Premier jour de vacances (Episode VII: Interlude)

Quand j'ouvre les yeux, le soleil est déjà assez bas sur l'horizon. Toi, tu dors encore, tournée sur le flanc. C'est alors que je me rends compte que nous sommes toujours nus. Il semblerait que ce câlin nous ait étourdis plus que de raison. Je me penche vers toi et dépose un baiser sur tes lèvres pour te réveiller en douceur. Tu émerges avec difficulté, puis prends conscience de ta nudité. L'air s'est très légèrement rafraichi, aussi as-tu la chair de poule. Je te tends ton maillot que tu enfiles avec hâte, puis t'enveloppes dans ma serviette. Ainsi emmitouflée, tu sembles soudain soucieuse. Je t'enquiers de ton malaise. "J'ai peur d'avoir été trop coquine, tout à l'heure", me confesses-tu. Amusé, mais peu surpris par une telle réaction, je te prends dans mes bras et te demande si tu regrettes ce qu'il s'est passé. Tu me réponds que non. Tu as pris du plaisir? Bien entendu. Alors, qu'est-ce qui te tracasse? "Je ne veux pas t'avoir choqué", finis-tu par avouer. Pas le moins du monde, au contraire, j'ai aimé plus que tout que tu sois allé au-delà de tes réserves et que tu accomplisses un de tes fantasmes avec moi. Rassurée, tu retrouves le sourire. J'ajoute: "Par contre, j'espère que tu ne vas pas t'arrêter en si bon chemin". Tu enfouis la tête dans le creux de mon épaule.

Nous nous rhabillons, rassemblons nos affaires et rentrons vers le village. Une fois arrivés au bungalow, nous prenons une douche ensemble et nous savonnons l'un l'autre tendrement. Ces attouchements sont très chastes, comme si nous avions décidé de manière tacite d'offrir un peu de répit à nos corps fourbus. Après quelques minutes, je sors de la douche, enfile mon peignoir et reviens dans la chambre. Tu me suis pour récupérer certaines affaires dans ta valise, puis tu retournes t'enfermer dans la salle de bains. Une poignée de secondes plus tard, j'entends le bruit sourd de ton sèche-cheveux. Je me demande ce que je vais pouvoir faire durant ce temps libre qui s'annonce. J'att**** dans mon sac le guide touristique acheté avant notre départ et me mets en quête d'activités ou de visites à effectuer dans les jours qui viennent. Quinze minutes passent, le bourdonnement de l'épilateur remplace à présent le souffle du sèche-cheveux. Je décide de faire un tour sur notre terrasse avec vue sur la mer. Une dizaine de personnes profitent des derniers rayons de soleil, même si le fond de l'air est frais à présent. Je reste quelques minutes à scruter l'horizon, fasciné par la beauté de cet endroit. Combien de temps vas-tu encore rester enfermée?

Tu quittes enfin la salle de bains. Tu apparais, resplendissante, vêtue d'une robe élégante au décolleté ravageur. Tes cheveux lissés tombent en cascade sur tes épaules nues. Ton visage, charmant au demeurant, est magnifié par un maquillage discret. Perchée sur des chaussures à talon, ta silhouette semble plus élancée. J'ai une furieuse envie de mordre dans ta paire de bas transparents. "Je me suis faite belle pour toi", déclares-tu, avec un sourire désarmant. Et bien, c'est réussi. "Au fait, rajoutes-tu en soulevant le bas de ta robe, j'ai mis la culotte que tu aimes bien." Oui, celle avec une fente à l'endroit de ton sexe. J'aperçois d'ailleurs ce dernier, tout recroquevillé, formant un petit berlingot de chair rosée. Tu me jettes un regard aguicheur, puis tu laisses retomber la robe avant de poursuivre: "Tu vas te préparer? Je commence à avoir faim..." A la façon dont tu mordilles ta lèvre inférieure, je me demande bien quel appétit tu as envie de rassasier en premier. J'att**** dans ma valise un pantalon en toile et une chemise que j'enfile vivement. Le temps de faire un aller-retour express dans la salle de bains pour me parfumer et me coiffer, et me voilà prêt.

Nous prenons la direction du restaurant. Dans la semi-obscurité qui s'installe, tu me donnes l'impression de scintiller. Je serre plus fort ta main, tu lèves les yeux vers moi et souris. Je me dis que j'ai quand même de la chance de vivre à tes côtés. Tu sembles lire dans mes pensées, tu frottes ta tête contre mon épaule, puis tu enroules ton bras autour du mien. Nous arrivons au restaurant, une serveuse nous conduit vers notre table. Nous nous y installons en face l'un de l'autre. La table est posée contre une baie vitrée donnant sur la mer, nous allons ainsi pouvoir jouir du coucher de soleil tout en sirotant un cocktail. Nous passons commande de nos apéritifs, lesquels arrivent quelques minutes plus tard. Je propose alors de trinquer à nos vacances bien méritées, en souhaitant que chaque journée soit aussi riche en émotions que celle-ci. "Et encore, ajoutes-tu avec un brin d'espièglerie dans la voix, la journée est loin d'être terminée." Nous buvons quelques gorgées de ce délicieux breuvage, puis nous nous plongeons dans l'étude de la carte, tout en ne perdant pas une miette du fabuleux spectacle que nous offre le soleil en disparaissant petit à petit dans les eaux, laissant les étoiles faire leur apparition dans le ciel. En cet instant, tout est magique.

Quelques minutes après qu'elle soit venu prendre notre commande, la serveuse revient nous annoncer que les plats auront un peu de retard. Afin de nous faire patienter, elle nous apporte deux nouveaux cocktails. En voyant arriver ces verres, tu laisses échapper un léger soupir: tu as déjà eu du mal à terminer le premier. Si l'on ajoute à ça les efforts de la journée, l'alcool risque de vite te monter à la tête. Tu m'abandonnes cinq minutes, le temps d'aller faire un tour aux toilettes. Alors que je te regarde t'éloigner, je repense à nos courses de la fin de matinée. Je fouille dans mon sac et extrais la fiole de liquide aphrodisiaque. C'est le moment ou jamais. Je l'ouvre et en verse une bonne quantité dans ton verre. Ce faisant, je me rappelle d'un détail mentionné sur l'étiquette: "pas plus de trois gouttes". Oups. Tant pis. Je dilue le reste de la fiole dans ma propre boisson, puis je dépose la bouteille vide dans mon sac. Un coup de touilleur pour bien mélanger le produit, et le tour est joué. Alors que tu reviens vers notre table, je peine à masquer un petit sourire. Toi, tu ne remarques rien. A peine assise, tu t'empares de ton cocktail et le brandis: "Allez, à une nuit d'amour!" Nous entrechoquons puis buvons nos verres, alors que nos assiettes font enfin leur apparition.

A suivre...
67% (2/1)
 
Posted by sophiemarc06
1 year ago    Views: 184
Comments
Reply for:
Reply text
Please login or register to post comments.
No comments